Business Immo : En 2013, vous parliez de « la crise la plus sévère qui ait frappé les pays avancés depuis la seconde guerre mondiale ». Un an après, cette crise est-elle derrière nous ?
Daniel Cohen : Certainement pas. La voie qui mènera au retour à une croissance durable et sans mauvaises surprises est encore longue. Mais, indiscutablement, par rapport à l’année dernière, un nouveau cap a été franchi à l’été 2013. Des pays comme l’Italie et l’Espagne semblent avoir fini leur purge. Le Royaume-Uni paraît tiré d’affaire. Les Etats-Unis ont connu un très bon 2e semestre. En France, on est revenu à un régime de croissance nulle grâce au retournement qui s’est produit au 2e semestre 2013. Aujourd’hui, les prévisions sont toutes positives, avec une perspective de croissance de 1 %. Certes, cela reste insuffisant pour résoudre le problème n°1 qui gangrène nos sociétés : le chômage. Mais, indiscutablement, le curseur des anticipations a changé. Le spectre de la récession s’éloigne. Cette sortie de crise provoque, par ailleurs, un effet secondaire dans ce qu’il faut appeler les nouveaux pays émergents (la Turquie, l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Indonésie et l’Argentine). En effet, les retraits de capitaux qui s’étaient investis dans ces pays à la faveur de taux très bas outre-Atlantique reviennent maintenant aux Etats-Unis, provoquant une véritable crise du change. Ces pays ne sont pas à l’abri d’une menace inflationniste qui, politiquement, reste très dangereuse. Pour résumer, la reprise repart dans les pays avancés mais le risque se déplace désormais vers des pays émergents.
5 mars 2014 | 16:12 CET

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